« Je ne comprends pas les gens qui tirent la gueule déjà tôt le matin ! »

Wicky
Photo A. Egger

Violette Wicky, 57 ans, travaille depuis plus de 20 ans aux CFF comme cuisinière d’équipe dans un wagon. Elle réside à Monthey (VS). Elle est membre de la commission féminine du Syndicat du personnel des transports SEV. Ses loisirs ? Le tricot et la Playstation !

Est-ce que les cheminots ont un gros appétit ?
Ce ne sont plus les gros mangeurs d’autrefois. Ils font davantage attention à leur ligne comme moi… (grand éclat de rire).

Est-tu toujours de si bonne humeur ?
Je ne comprends pas les gens qui tirent la gueule déjà tôt le matin. C'est fou ce qu'il y a de potus sur terre. Même si on a des bos, faut être content de pouvoir se lever.

Et toi, as-tu des bobos ?
J’ai plein de rhumatismes. Que veux-tu, c’est la jeunesse qui fout le camp et la vieillesse qui me rattrape (nouvel éclat de rire)… Mon toubib m’a dit que mon rire est mon meilleur médicament. On n’a pas l’âge qu’on a , mais l’âge qu’on se donne.

Que fais-tu durant tes loisirs ?
Mon hobby préféré, c’est jouer au Game Boy ou la Playstation. Je suis une enragée de jeux électroniques. J’aime les jeux de stratégie. Mais attention, j’ai aussi des loisirs plus compatibles avec ma génération comme le tricot et les puzzles.

Comment se déroulent tes journées de travail ?
Je me lève tous les matins à 5h30. Je dois marcher 20 minutes à pied jusqu’à la gare de Monthey. A 8h j’arrive à Lausanne. Je fais mes courses à la Migros et je commence à préparer le repas de midi dans mon wagon. Une fois que j’ai tout rangé, je quitte le wagon vers 14 ou 15 heures. Ensuite je vais faire des nettoyages dans une école lausannoise. Le soir, je ne suis jamais chez moi avant 20 heures.

Pourquoi faire encore des nettoyages après avoir cuisiné pour les cheminots ?
Je travaille aux CFF à 80%. A Monthey, j’ai racheté l’appartement de mon frère jumeau qui est décédé. Je suis divorcée sans enfants. Je vis seule, mais avec ce que je gagne aux CFF, je n’ai pas assez pour vivre. C’est certain que si j’avais épousé un beau millionnaire aux yeux bleus, il m’interdirait de faire des nettoyages.

Comment juges-tu le travail du syndicat ?
Le SEV fait du bon boulot. Parfois, j’entends des collègues qui critiquent le syndicat par derrière. Mais ils ne vont même pas aux assemblées pour s’informer et pour donner leur avis. Quand on fait partie d’un syndicat, on devrait avant tout être solidaires avec ses collègues. Nous avons tous besoin des autres pour vivre. T’es pas d’accord ?

Article paru dans travail & transport, septembre 2002.